mercredi 13 août 2008
Les plus hautes marées du monde.
À bientôt !
vendredi 1 août 2008
Édition 2008 de Fantasia : quelques impressions

Au sommaire, on retrouvera entre autres des nouvelles de V.K. Valev, Émilie C. Lévesque, Georges Boulevard et Josée Boudreau, de même qu'un article de Romain Lucazeau. C'est à surveiller !
Pour en revenir à Fantasia, je retiens de la cuvée de cette année plusieurs bonnes surprises, notamment Repo! The Genetic Opera, une comédie musicale futuriste dans l'ensemble très réussie, avec une trame sonore de qualité et des prestations solides de la plupart des acteurs. Toujours du côté des films à revoir, je citerai Tokyo Gore Police, film du japonais Yoshihiro Nishimura des plus tordus et sanguinolents, de même que Midnight Meat Train, pour l'inventivité de ses scènes gores et l'esthétique du film, de manière plus large. J'ajoute cependant que de connaitre un peu l'univers de Clive Barker, dont le film est l'adaptation d'une nouvelle, peut contribuer à l'appréciation du visionnement.
Du côté des films plus moyens, quoique forts agréables, je mentionnerai en premier lieu [REC], un film dans le genre "horreur-réalité", très percutant et angoissant, à voir si possible dans une salle de cinéma. Cependant, suite au visionnement récent de quelques autres films du même genre (Home Movie, Diary of the dead...) je suis un peu plus mitigée à propos de [REC], qui s'inscrit dans une vague qui supporte à mon avis, assez mal les variations.
Très réussi dans l'ensemble, le film d'animation Peur(s) du noir, avec ses six courts-métrages entièrement en noir et blanc qui s'enchevêtrent, est également un succès, à tout le moins pour la moitié des courts films qui le composent. Alternant entre le comique et l'angoissant (surtout dans le dernier film), Peur(s) du noir est à regarder seul chez soi, éclairé par la seule lueur du téléviseur...
Finalement, toujours en ce qui a trait aux bonnes surprises, je citerai Bad Biology, aussi hilarant qu'extravaguant, qui s'appuie sur un scénario des plus inattendus. Plus de détails dans le numéro 20 de Brins. Un peu moins solide mais tout de même intéressant, Trailer Park of Terror rejoint pour sa part les quelques films de zombies présentés cette année au festival ([REC], Dance of the Dead...) mais en demeurant plus conventionnel, peu innovateur. Tout de même, le réalisateur fait dans l'ensemble un excellent travail, même s'il lui manque, à mon avis, un peu d'audace.
Peu de films m'ont déçu cette année, à l'exception de Mother of Tears, le dernier Argento, Akanbo Shôjo et Infection, une pièce de théâtre de zombies présentée dans le cadre du festival.
Le métrage d'Argento, qui clôt la trilogie des "trois mères", débutée avec Suspiria et Inferno, possède plusieurs défauts notables, entres autres le jeu médiocre des acteurs italiens, qui baragouinaient un anglais approximatif (bref, peu de direction d'acteurs ici), de même qu'une trame sonore tout de même intéressante, mais plaquée partout un peu n'importe comment (je ne sais pas si la répétition du terme Mother devait provoquer un effet de terreur, mais de mon côté, ce ne fut guère efficace). Sans oublier le ridicule de plusieurs éléments de l'histoire, dont la mère fantomatique de l'héroïne principale, jouée par Asia Argento, qui découvre en un jour ses "super-pouvoirs" et apprend à les utiliser avec brio presque instantanément.
La salle pouffait de rires avec raison pendant le visionnement, avec une certaine retenue tout de même, puisqu'une des actrices, qui meurt dans la première scène (d'une manière assez sordide merci) était présente. Outre le personnage incongru de la "mère apparition-fantomatique" (qui serait morte en couches au début de la vingtaine mais dont le fantôme affiche une quarantaine d'années, étrange...), je ne peux m'empêcher de citer les personnages grotesques des méchantes sorcières, parées de leurs plus beaux atours gothiques, qui arrivent à Rome par centaines pendant que l'apocalypse se prépare, sans aucune subtilités.
Une mention tout de même pour la scène de poursuite dans le train, entre Asia et la sorcière japonaise, assez réussie, qui se détachait de l'ensemble. Je terminerai en citant les paroles d'un fan déçu, entendues à la fin d'un festival : "Argento a détruit un genre qu'il avait lui-même créé". Plutôt juste.
Quant à Akanbo Shôjo, il s'agit d'un film qui déçoit surtout dans son traitement, bourré de pratiquement tous les clichés d'horreur connus et qui flirte la plupart du temps avec le ridicule. Le tout avait pourtant bien débuté, mais dégénère bien rapidement, avec l'apparition du bébé, qui pendant plus d'une heure, tentera de tuer tout le monde, de façons bien peu inventives.
Le rythme du film est rapide et les personnages sont sans cesse en mouvements, ce qui en vient presque à donner la nausée. Ajouter un scénario truffé d'incongruités (nous avons droit à un personnage qui en tire un autre d'un puits, avec un bras coupé !) et de facilités (besoin d'une corde ? regarde donc dans le buisson ! Une hache serait nécessaire pour défoncer cette porte ? Tiens, quelqu'un en a abandonné une sur une buche, juste à côté de la porte !) et vous avez Akanbo Shôjo.
J'avais également de bonnes attentes à l'égard de la pièce Infection, d'Isabelle Stephen, présentée cette année à Fantasia. Ayant assisté l'an dernier à Texas, adaptation théâtrale du bien-connu Texas Chainsaw Massacre, pendant le festival SPASM 2007, je pensais retrouver sensiblement la même approche. À tort.
Se présentant comme une pièce de théâtre de zombies, Infection ne laisse qu'une place minime aux morts-vivants, de surcroit bien peu crédibles. Pendant plus de la moitié de la pièce, nous avons droit à la pratique d'une troupe qui prépare un spectacle de variétés, qui enchaine des numéros stéréotypés et sans grands intérêts, cherchant à séduire ou à faire rire le public. Il faut admettre que l'aspect humour fonctionnait, puisque la salle était hilare, en observant les meneuses à claques se trémousser, les hommes déguisés en femmes juchés sur des talons hauts, d'autres en chemises hawaïennes qui se clamaient leur amour, sans oublier l'inévitable homme en tutu qui se frappe avec une cravache. Et j'en passe !
Cette petite collection de clichés ne servait en rien l'histoire et m'a plutôt donné l'impression d'une mise en scène de niveau scolaire, que des amis montent entre eux, sans grand sérieux. Ensuite (pour ne pas dire enfin) les zombies arrivent. Une lutte commence entre les infectés et les acteurs, un peu malhabile. Il faut cependant dire que mettre en scène des zombies dans un théâtre pouvait apparaitre compliqué. Pendant ce trop court passage où sont présents les morts-vivants, l'espace est bien utilisé par les acteurs (toute la salle participe), de même que l'interaction avec le "gars du son", qui offre quelques bons moments.
L'utilisation d'une caméra, à la Cloverfield et autre métrages d'horreur-réalité est un autre élément intéressant, quoique un peu inapproprié à mon sens au contexte de la pièce. Bref, Infection, bien que très humoristique, pour qui est friand d'humour facile et léger, est une pièce qui demande encore beaucoup de travail pour se débarrasser de son amateurisme.
Je termine ici (j'avais dit que ce serait bref, hein ?), en vous invitant à nouveau à vous procurer le prochain numéro de Brins d'éternité, disponible vers la mi-août. Et aussi à ne pas manquer la prochaine édition de Fantasia, lointaine hélas, quelque part en juillet 2009.
mardi 22 juillet 2008
L'écaille et l'épiderme (extrait)
Dans la baignoire, les morceaux de peaux s’amoncèlent. L’eau du bain retirée, les pellicules de chair demeurent tout au fond, telle une couche de poussière blanchâtre. Il y a quelques jours que j’ai commencé à m’effriter. Que mon épiderme se morcelle, semblable à du talc. Et, suite à chaque mue, les démangeaisons recommencent. Comme si je n’étais que couches de poudre de peau.
Je me décidai à consulter un médecin, exhibai mes seins ravagés, mon dos sur lequel les fissures dansaient, plongeant toujours davantage vers le bas. Son verdict fut sans équivoque : allergie de contact généralisée. Je devais supprimer de mon environnement la source d’infection, autrement cette lèpre gagnerait encore du terrain, se nourrissant sans répit de mon enveloppe protectrice. Épouvantée, je m’imaginais rongée par la maladie jusqu’aux os, tandis que de mes bras squelettiques je palpais mon corps gangrené, duquel se détachaient de grands filaments de chair morte.
vendredi 11 juillet 2008
Le pantin lucide.

mardi 1 juillet 2008
À l'affiche : Fantasia 2008
Sukiyaki Western Django
(un western spaghetti du réalisateur japonais Takashi Miike, basé sur la guerre des Deux-Roses, avec Quentin Tarantino !)
[Rec]
(film d'horreur espagnol de zombies, inspiré du "cinéma-réalité")
Mother of tears
(film d'horreur qui complète la trilogie des "Trois mères" de Dario Argento, débutée avec Suspiria et Inferno)
Peur(s) du noir
(Six films d'animation en noirs et blancs, à la fois tordus et terrifiants)
Home Movie
(premier film "d'horreur-réalité" de l'américain Christopher Denham)
Bad Biology
(film d’horreur pervers et délirant…réalisé par Frank Henenlotter)
Tokyo Gore Police
(film japonais futuriste et bizarroïde, complètement subversif. Dans la même veine que Meatball Machine, présenté l'an dernier)
Trailer Park of Terror
(un autre film de zombies plutôt atypique, basé sur la bande dessinée du même nom)
Akanbo Shôjo
(Du réalisateur de Meatball Machine, justement, Yûdai Yamaguchi, un conte de fée terrifiant avec des bébés mutants...)
Repo : the Genetic Opera
(Une comédie musicale futuriste et délirante, du réalisateur de Saw II-IV)
Infection (pièce de théâtre)
(pièce d'Isabelle Stephen, qui présente la répétition d'une troupe de théâtre qui tourne au cauchemar...)
Midnight Meat Train
(une adaptation de Meat Train, une nouvelle de l'auteur d'horreur américain Clive Barker)
Dance of the Dead
(comédie de zombies satirique à rapprocher de Shaun of the Dead)
D'autres suggestions ?
