mardi 24 janvier 2012

Le Voyage insolite (émission du 23 janvier)


L’encyclopédie de la mythologie / Neil Philip

L’encyclopédie de la mythologie, un ouvrage écrit par Neil Philip, est le premier livre de l’éditeur Rouge et or que j’ai eu l’occasion de commenter à l’émission. Tout comme les ouvrages du Pré aux clercs, celui-ci est joliment présenté, en grand format avec une couverture cartonnée. Le livre renferme également de nombreuses illustrations couleurs et une iconographie riche et variée.

La présentation visuelle donne le ton en ce qui a trait au public visé par L’encyclopédie, soit les adolescents et les jeunes adultes. En effet, L’encyclopédie de la mythologie est un ouvrage d’introduction, pour ceux qui en sont à leur première incursion dans le domaine. Et cette incursion est de qualité, puisque l’auteur connaît visiblement très bien son sujet, qu’il parvient à vulgariser dans ce livre.

L’encyclopédie est séparée en six sections principales, soit 1) le monde 2) l’Europe 3) l’Asie 4) l’Amérique 5) l’Australasie et l’Océanie et 6) l’Afrique. Une brève introduction, qui définit le mythe, précède ces parties. Dans la section « Le monde », l’auteur propose un survol de la mythologie. Cette partie, bien que nécessaire au néophyte, n’est toutefois pas à mon avis la plus intéressante.
Pour ma part, j’ai surtout apprécié les sections suivantes, qui regroupent les mythes par continents. Et force est d’affirmer que l’auteur a fait un bon travail de recherchiste, ne se bornant pas à la mythologie grecque et égyptienne. En ce sens, pour ceux qui sont déjà initiés à ces mythologies, les parties sur l’Asie, l’Amérique, l’Océanie et l’Afrique seront certainement les plus intéressantes et instructives. En ce qui me concerne, comme je connais bien la mythologie grecque et inuite, j’ai surtout trouvé mon bonheur dans les passages sur l’Amérique du Sud et l’Océanie. Quoi qu’il en soit, chaque lecteur y trouvera son compte, au gré de ses connaissances personnelles.

En somme, L’encyclopédie de la mythologie est un ouvrage recommandé aux 12 à 20 ans (environ !), qui souhaitent s’initier au sujet (les déjà initiés risqueront pour leur part d’être déçus). La richesse de la présentation graphique et visuelle vient de surcroît enrichir cet ouvrage, qui est agréable à lire. De plus, les cartes des continents, présentes dans le livre, permettent de repérer rapidement et aisément la provenance de chacun des mythes. À recommander, donc, surtout aux jeunes lecteurs curieux de se familiariser avec la mythologie.

Prochaines critiques à l'émission :
Nigrida, le 6 février
Solaris 181 et Alibis 41, le 13 février.

samedi 21 janvier 2012

Parution prochaine de Transtaïga


Comme Le Devoir vient de l'annoncer, juste ici, je pense qu'il est temps que je l'écrive officiellement sur ce blogue : mon roman Transtaïga paraîtra bientôt. Vous imaginez mon enthousiasme !
Date de sortie en librairie à venir, de même que la couverture. Mais pour l'instant, je vous propose un résumé (je précise que ce n'est pas le quatrième).

À la suite d’un incident dramatique, Anissa s’enfuit du chenil où elle travaille depuis des années auprès des huskies. Avec un cadavre dissimulé dans le coffre de sa voiture, elle décide de gagner Combourg, village fondé par sa grand-mère maternelle, à quelques kilomètres de la route Transtaïga. Dans ce lieu qui ne figure sur aucune carte, Anissa souhaite poursuivre son existence à l’abri des regards. Le temps venu, elle prendra la tête de la communauté, car elle doit jouer un rôle important en tant que descendante. Héritière du village et des traditions chamaniques de son aïeule, elle devra en acquérir la maîtrise, de même qu’apprendre à interpréter les signes des esprits.
Mais, en chemin, elle fait la connaissance d’Aurélien, qu’elle décide de prendre comme passager. Passionné comme elle par les villes fantômes, le jeune historien intrigue Anissa dès leur rencontre. Ensemble, ils parcourent la Transtaïga, riche en souvenirs et en présages, jusqu’à ce que la jeune femme, attentive aux signes invisibles, n’ait pas le choix de faire jaillir le sang une nouvelle fois…
Ce roman, le premier de la trilogie thématique « Les villages assoupis », vous convie à une incursion dans les villes fantômes et les territoires sauvages de la taïga. Teinté de motifs fantastiques, ce récit noir et crépusculaire, dans lequel le chamanisme occupe une place de choix, vous invite à entrer dans la psyché à la fois étonnante et tourmentée d’Anissa. Bienvenue à Combourg, village en dormance qui attend patiemment l’heure de son avènement.

La Transtaïga - Image de Axel Drainville

samedi 14 janvier 2012

Babillard de janvier


- Premier billet de l'année, enfin ! Mais j'ai une bonne raison pour ce silence : je faisais les ultimes corrections de mon roman Transtaïga, à paraître cet hiver aux éditions Marchand de feuilles ! En effet, j'ai reçu le contrat il y a quelque temps. Ce livre sera le premier d'une trilogie thématique sur les villes fantômes. Plus de détails bientôt, dont un billet sur les villes fantômes.

- C'est le temps de s'inscrire au Congrès Boréal, pour profiter du rabais de préinscription. Cette année, vous savez que je ne coordonne pas le congrès, qui est organisé par Québec-SF. Mais je ne manquerais pour rien au monde cet événement unique, qui rassemble les passionnés de l'imaginaire. Le formulaire d'inscription est juste ici, et pour un avant-goût des invités, c'est à cet endroit.

- Le prochain numéro de Clair/obscur, un spécial lycanthropes, s'en vient ! Je suis fière de figurer au sommaire avec une nouvelle coécrite avec Guillaume Voisine (sous le pseudonyme d'Ariane Voisine). J'ai eu d'ailleurs l'occasion d'expérimenter une nouvelle fois l'écriture en tandem au cours des derniers mois, cette fois-ci avec Carmélie Jacob, pour un autre défi lancé par la revue Clair/obscur. J'aime bien ces textes à quatre mains, et j'espère avoir éventuellement (lorsque le temps nous le permettra) l'occasion d'écrire un roman avec Frédérick !
- Le prochain numéro de Brins d'éternité paraîtra en février. Pour l'instant, la couverture et le sommaire des fictions sont disponibles ici. La date du lancement sera annoncée prochainement sur notre site. (une mention pour la superbe couverture de Cyril Rolando, choisie par Carmélie et moi-même)

- Frédérick et moi serons de retour en ondes au Voyage insolite dès le 23 janvier, à l'heure habituelle, soit 19h.


-Et pour terminer une image de ville fantôme propice au mois de janvier :


Image de Peeterv

vendredi 30 décembre 2011

Des traces du temps qui passe


Près de chez Frédérick et moi se trouve un immense terrain à louer qui m'intrigue depuis longtemps. Recouvert par une végétation dense, l'endroit semble avoir été habité il y a quelques dizaines d'années, voire davantage. L'observateur attentif peut en effet apercevoir, entre deux piliers délabrés, un passage étroit, bordé d'une longue allée de cèdres, qui n'ont pas été taillés depuis des lustres. Voyez par vous-mêmes :

Remarquez le passage discret, au centre.

 Détail d'un des piliers.

 Le passage, avec les branches basses des cèdres.

Profitant des vacances, nous nous sommes aventurés sur le terrain, qui a, si l'on fait exception du bruit de la rue passante tout près, l'aspect d'une forêt. La preuve :


Mais quel ne fut pas mon plaisir de découvrir deux bâtiments en ruines à proximité ! Difficile de déterminer l'époque de leur démolition, avec la neige, surtout qu'il ne reste que les fondations... Mais, en considérant que des épinettes de bonne taille poussent dans les fondations, ainsi que l'usure et la profondeur des ruines, le bâtiment semble avoir été démoli depuis un bon moment (je ne me hasarderai pas à estimer une année!)

Les fondations du premier bâtiment, visiblement la maison principale :



Et le second bâtiment, tout près d'une coulée, de taille plus modeste :



Sans oublier les restes d'une charmante cabane, construite dans un arbre au pied duquel les cocottes s'empilaient depuis longtemps, formant un amas étonnant...



Tout près, un ruisseau était partiellement visible, malgré les trombes de neige, hélas envahi par les déchets...

Il est vrai que cette pseudo-forêt est, depuis son abandon, parfois fréquentée, comme en témoignent des divans abandonnés dans un coin du vaste terrain... Mais peu importe, l'impression de passé révolu demeure tenace en ces lieux, dans lesquels la nature efface peu à peu les traces des anciennes habitations.
Comme quoi le temps file parfois rapidement...

J'en profite pour vous souhaiter une magnifique année 2012 !

mardi 20 décembre 2011

Le Voyage insolite (émission du 19 décembre)


Odyssées chimériques / Claude Lalumière 

Odyssées chimériques est la traduction française du recueil de nouvelles Objects of Worship, de Claude Lalumière. Publié en octobre 2011 aux éditions Alire, c’est le premier livre de Claude Lalumière que j’avais l’occasion de lire. Et je dois dire, à la suite de cette lecture, que je regrette d’avoir attendu aussi longtemps avant de le découvrir ! 

L’imaginaire de Claude Lalumière est riche et généreux, traversé de temps à autre par l’humour et les questionnements métaphysiques. Ses personnages ne sont jamais banals, toujours colorés, et l’érotisme est souvent au rendez-vous. Bien sûr, j’ai préféré quelques-unes des nouvelles au sommaire, mais il demeure que l’ensemble du livre est de très bon calibre. 

Parmi mes nouvelles favorites, je retiens d’abord « Une éthique dans le traitement de la viande », une des meilleures nouvelles de zombies jamais écrites, à mon avis. Dans ce « morceau d’anthologie », Lalumière nous présente un monde dominé par les morts-vivants, dans lequel les carnés (les êtres humains) font office de seule nourriture. Pour redonner un nouveau souffle à leur couple, Raymond et Georges décident d’adopter un jeune carné… ce qui ne se fera pas sans heurts, comme l’illustre ce texte que je vous invite chaudement à découvrir. 

Raymond et Georges seront aussi de retour dans une autre nouvelle du recueil, soit «Une visite chez l’oculiste». Cette fois-ci, c’est plutôt leurs voisins qui sont à l’honneur: Basil et Judith. Basil, suite à la disparation de son dernier œil valide, mangé par un pigeon, est désemparé. Il décide donc de faire remplacer ses yeux chez l’oculiste. Il s’ensuivra une aventure insolite et amusante. Pour ma part, bien que j’ai apprécié de retrouver l’univers de la nouvelle précédente, j’ai préféré la première, plus saisissante, même si la seconde offre aussi un bon moment de lecture. 

Du côté des réussites au sommaire, je retiens aussi « Kid arachnide », qui nous présente la relation tordue de trois fervents d’araignées, « Njàbò », l’histoire touchante de la dernière éléphante et « Voici l’âge de glace », un récit post-apocalyptique qui se trame dans un Montréal recouvert par les glaces. 

L’ensemble des textes de Lalumière a en tout cas le pouvoir de marquer l’imaginaire à long terme, ses récits continuant de nous habiter après la lecture. Je ne peux donc que saluer l’initiative d’Alire de publier ce recueil, qui est l’un de mes coups de cœur de lecture de 2011 présenté à l’émission cette année. Car, Claude Lalumière a définitivement une voix et un univers propres, qui gagnent à être connus. 


Traité de sorcellerie / Édouard Brasey et Stéphanie Brasey

Après la parution du Traité de démonologie (dont j'ai déjà parlé à l’émission), les éditions le Pré aux clercs récidivent sur un thème similaire, avec Le traité de sorcellerie. L’ouvrage est à la fois joli et abondamment illustré, comme les autres titres publiés par cet éditeur. La lecture en est donc agrémentée, surtout par l’iconographie riche qui est employée, même s’il est dommage qu’aucune des œuvres ne soit créditée.

L’ouvrage est séparé en trois parties, soit 1)Petit traité de sorcellerie quotidienne, 2) La sorcellerie d’hier à aujourd’hui et 3) Autres traités fameux et textes sulfureux consacrés aux sorciers et sorcières adeptes de magie noire. Les deux premières parties sont assurément les plus intéressantes, surtout pour le néophyte qui souhaite s’initier au sujet. Car, Le traité de sorcellerie est un ouvrage d’introduction, très accessible, même s’il survole par moment un peu rapidement son sujet. À titre comparatif, j’avais trouvé le Traité de démonologie plus fouillé. Quoi qu’il en soit, le livre demeure agréable à lire, nous instruisant entre autres, dans la première partie, sur les formules magiques, les sortilèges, les maléfices et le sabbat. 


La deuxième partie, sur « la sorcellerie d’hier à aujourd’hui », est à mon avis la plus solide. Dans celle-ci, l’histoire de la sorcellerie est narrée, de l’Inquisition en passant par la cour des rois de France, jusqu’aux sorciers du XXIe siècle. Il est dommage que cette section soit assez courte, puisque j’aurais aimé en savoir davantage ! Mais l’essentiel y est tout de même, et consiste en une bonne introduction à l’histoire de la sorcellerie.

La troisième partie, qui fait tout de même la moitié du livre, m’a pour sa part plutôt déçue. Nous y retrouvons des traités de sorcellerie qui sont consultables facilement (et gratuitement en ligne), comme La sorcière de Michelet ou L’histoire de la démonologie et de la sorcellerie de Walter Scott. Ces ajouts externes, en plus d’ajouter une valeur infime au Traité, m’ont donné l’impression de gonfler inutilement le format du livre et son prix (24 euros). Peut-être que la maison d’édition voulait faire un grand format avec ce titre ? Néanmoins, cette greffe intertextuelle me semble un peu se "moquer" du lecteur. D’ailleurs, Le pré aux clercs inclut des textes libres de droits et accessibles gratuitement dans bon nombre de ses ouvrages.

Cela dit, cela n’enlève rien à la première moitié du livre, qui propose un Traité de sorcellerie agréable à lire, qui saura certainement plaire aux néophytes intéressés par le sujet. Et comme l’ouvrage est très bien présenté, il n’y a pas de doute qu’il peut faire un bon cadeau de Noël !